08-10-2021 | Latest News , Africa

Images pour les télévisions: À la veille de la journée mondiale de la santé mentale, L’inquiétude monte au sujet des réfugiés éthiopiens

Alors que les combats au Tigré et dans d’autres régions du nord de l’Éthiopie forcent toujours plus de personnes à quitter leur foyer, les Éthiopiens qui ont trouvé refuge dans les camps du sud-est du Soudan sont confrontés à des conditions de vie de plus en plus difficiles, cette situation ayant finalement un impact considérable sur la santé mentale des réfugiés.

 Daniel est un réfugié éthiopien qui a fui la violence dans son pays et qui vit aujourd’hui dans le camp de réfugiés d’Oum Rakouba, au Soudan. « C’est difficile pour la plupart des jeunes qui sont ici. Ils ont des problèmes de drogue et d’alcool. Cela n’est pas bon pour eux. Ils sont stressés et parfois deviennent suicidaires. Moi, j’essaie juste d’aller de l’avant. Je joue au foot. Je fais de la musique avec des instruments traditionnels. Mon but, c’est de garder l’esprit libre ».

 La Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, est l’occasion de rappeler les besoins élevés en santé mentale qui existent en Afrique. Le continent compte 1,4 agent de santé mentale pour 100 000 habitants, alors que la moyenne mondiale est de 9 agents pour 100 000 habitants. Si le taux annuel des visites dans les centres de soins ambulatoires en santé mentale est d’environ 1 000 visites pour 100 000 personnes au niveau mondial, il n’est que de 14 pour 100 000 en Afrique (selon les chiffres de l’OMS). La stigmatisation associée aux problèmes de santé mentale, ainsi que le manque de structures et de personnels spécialisés, figurent parmi les raisons qui empêchent les gens de demander et de recevoir de l’aide. 

 Comme le relève Milena Osorio, coordonnatrice des programmes de santé mentale et de soutien psychosocial (SMSPS) au CICR, « la situation en Afrique est très préoccupante, car l’écart est énorme entre les besoins que nous observons chez les personnes touchées par les conflits et la violence et les services qui leur sont proposés. Les professionnels de la santé mentale sont très peu nombreux. Il est donc difficile de recevoir des soins dans ce domaine ».

 Les réfugiés éthiopiens au Soudan manquent cruellement de nourriture, d’eau potable, d’abris et d’installations sanitaires ; de plus en plus de personnes souffrent de malnutrition et de maladies comme le paludisme et l’hépatite E. La situation n’a fait qu’empirer avec l’arrivée de la saison des pluies, poussant certains réfugiés à s’aventurer sur des routes migratoires dangereuses ou à tenter de gagner d’autres régions du pays.

 Déjà éprouvés par des conditions de vie extrêmement difficiles, des milliers de réfugiés sont dans l’impossibilité de contacter leur famille car les télécommunications sont coupées dans de nombreuses régions du Tigré. Sans nouvelles depuis des mois de leurs proches et ignorant s’ils seront un jour réunis avec leur conjoint et leurs enfants, de nombreux réfugiés souffrent de traumatismes et de détresse émotionnelle. 

 Brhan Geberzgiher est l’une de ces réfugiés. « Quand le conflit a commencé, c’était très violent et nous avons tous été touchés. J’ai essayé de communiquer avec ma famille restée au pays, mais je me fais du souci pour les miens. Je ne crois pas qu’ils soient encore en vie », témoigne-t-elle.    

Dans la plupart des situations de conflit et de violence, la population est exposée à des événements extrêmement traumatisants et doit lutter au quotidien pour survivre. Ces situations ont – sur le plan personnel, social et économique – des conséquences dévastatrices qui sont à la fois immédiates, généralisées et brutales. Cela crée ou exacerbe d’importants besoins immédiats et à long terme en matière de santé mentale et de services psychosociaux.

 Selon Milena Osorio, la fourniture de soins de santé mentale permet elle aussi de sauver des vies dans les situations de conflit. « Vous pouvez fournir autant de nourriture que vous le voulez mais, en fin de compte, aucune forme d’aide est plus importante qu’une autre – toutes ces interventions devraient aller de pair. Renforcer la résistance émotionnelle et la résilience des individus et des communautés est tout aussi important que de leur fournir une assistance », relève-t-elle.

Le CICR soutient le Croissant-Rouge soudanais dans les États de Gedaref et de Kassala pour aider les réfugiés à maintenir le contact avec leurs familles. Le Croissant-Rouge soudanais travaille dans les camps d’Oum Rakouba et de Tunaydba (qui accueillent des réfugiés éthiopiens), dans le camp de Shargrab (qui accueille des réfugiés érythréens), ainsi que dans deux centres de transit.

Informations complémentaires :

Aurélie Lachant, Geneva, +41 79 244 6405, alachant@icrc.org 

Alyona Synenko, Nairobi, +254 716 987 265, asynenko@icrc.org 

LISTE DES PLANS

Lieu : Gedaref, Soudan

Durée : 5 min. 34 sec.

Format : mp4

Éditeur : Eric Chege

Date : 06/10/2021

Copyright : CICR – Images libres de droits

Crédit : CICR ou Logo

 

00:00 - 00:08 Plans d’un camp de réfugiés éthiopiens à Gedaref, au Soudan

00:09 - 00:17 Plan d’un réfugié éthiopien (Daniel) entrant dans sa maison.

00:18 - 00:31 Plans de Daniel allongé sur son lit.

00:32 - 00:50 Interview de Daniel, réfugié éthiopien au Soudan :

« Je suis venu seulement avec mon oncle ; les autres membres de ma famille sont restés sur place. Lorsque nous sommes arrivés ici, je pensais que nous retournerions chez nous deux ou trois mois plus tard. Pourtant, cela fait déjà presque neuf mois que nous sommes ici. »

00:51 - 01:05 Plans de Daniel dans sa maison, jouant d’un instrument de musique traditionnel.

01:06 - 01:40 Interview de Daniel, réfugié éthiopien au Soudan :

« C’est difficile pour la plupart des jeunes qui sont ici. Ils ont des problèmes de drogue et d’alcool. Cela n’est pas bon pour eux. Ils sont stressés et parfois deviennent suicidaires. Moi, j’essaie juste d’aller de l’avant. Je joue au foot. Je fais de la musique avec des instruments traditionnels. Mon but, c’est de garder l’esprit libre. »

01:41 - 01:57 Plans de Daniel qui chante en s’accompagnant d’un instrument de musique traditionnel.

01:58 - 02:05 Divers plans de Brhan Geberzgiher devant sa maison.

02:06 - 02:17 Plans de Brhan Geberzgiher dans sa maison.

02:18 - 03:02 Interview de Brhan Geberzgiher, réfugiée éthiopienne au Soudan :

« Quand le conflit a commencé, c’était très violent et nous avons tous été touchés. J’ai essayé de communiquer avec ma famille restée au pays, sans succès. Je me fais du souci pour les miens. Je ne crois pas qu’ils soient encore en vie. Je suis très inquiète car nous avons perdu toute la nourriture et toutes les céréales que nous avions chez nous. »

03:03 - 03:19 Divers plans montrant le Croissant-Rouge soudanais enregistrant des réfugiés en vue de regroupements familiaux et de prestations de services de rétablissement des liens familiaux (RLF).

03:20 - 04:20 Interview de Milena Osorio, coordonnatrice des programmes de SMSPS au CICR :

« La situation en Afrique est très préoccupante, car l’écart est énorme entre les besoins que nous observons chez les personnes touchées par les conflits et la violence et les services qui leur sont proposés. Les professionnels de la santé mentale sont très peu nombreux. Il est donc difficile de recevoir des soins dans ce domaine. Il y a aussi d’autres facteurs – la stigmatisation associée aux problèmes de santé mentale, les traditions culturelles et les croyances – qui dissuadent les gens d’aller chercher l’aide d’un psychologue ou d’un professionnel de la santé mentale. Ce qui importe, selon nous, c’est que les États et les agences humanitaires le reconnaissent et s’emploient à développer les ressources humaines nécessaires dans le secteur de la santé mentale et, qu’en même temps, ils offrent des stratégies d’assistance qui soient culturellement pertinentes pour les gens en Afrique et qui leur donnent le sentiment de pouvoir compter sur ces services et y accéder. Cette question est grave et complexe, et elle doit être traitée comme une question importante ».  

04:21 - 04:32 Divers plans montrant le Croissant-Rouge soudanais enregistrant des réfugiés en vue de regroupements familiaux et de prestations de services de rétablissement des liens familiaux (RLF).

04:33 - 04:40 Plans du camp de réfugiés à Gedaref, au Soudan

04:41 - 05:34 Interview de Milena Osorio, coordonnatrice des programmes de SMSPS au CICR :

« Un débat intéressant est en cours quant à savoir si, en situation d’urgence, la réponse consiste à fournir de l’eau, de la nourriture et des abris et non des services de santé mentale. Ce que nous pensons – et que nous avons constaté –, c’est que si les bénéficiaires de l’aide n’ont pas l’énergie voulue pour se lever et cuisiner pour leurs enfants, et pourvoir aux besoins de leur famille, vous pouvez fournir autant de nourriture que vous le voulez... En fin de compte, aucune forme d’aide est plus importante qu’une autre – toutes ces interventions devraient aller de pair. Renforcer la résistance émotionnelle et la résilience des individus et des communautés est tout aussi important que de leur fournir une assistance. Nous voulons nous assurer que les bénéficiaires développent leurs forces afin de construire un avenir plus positif pour eux-mêmes. C’est en favorisant leur santé mentale et leur bien-être psychosocial que nous pouvons les aider à atteindre cet objectif. »

FIN

 

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