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04-04-2014 |

Les soins de santé en danger dans les conflits à travers le monde

Genève (CICR) – À l'occasion de la Journée mondiale de la santé, le 7 avril 2014, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publie un rapport intitulé « Violent incidents affecting health care » (Incidents violents touchant les soins de santé), qui met en lumière les nouvelles formes d’attaques contre des personnes qui doivent recevoir ou qui dispensent des soins de santé dans des zones de conflit à travers le monde. 

De janvier 2012 à décembre 2013, le CICR a enregistré 1 809 incidents violents contre des patients, des personnels de santé, des ambulances et des structures médicales, et ce dans 23 pays. C'est la première fois que l’analyse se fonde sur un si grand nombre d'incidents, qui souligne notamment les entraves au transport médical et les attaques à l’encontre des patients et des personnels de santé.

Katarina Oberg-Fichtel, infirmière du CICR travaillant en République centrafricaine a souvent des difficultés à faire accéder les patients à l’hôpital : « Une de nos difficultés, c’est d’avoir accès aux blessés, d’avoir l'autorisation des parties belligérantes, des groupes armés de soigner les blessés. »  Selon elle, les porteurs d’armes encourent des risques particuliers parce que « les parties au conflit ne respectent pas toujours le droit des soldats blessés d’être soignés.

L’accès aux soins de santé est également en danger quand les patients retardent leur accès à un traitement par crainte d’être attaqués. Luisa Mancini, chirurgienne du CICR qui a travaillé au Soudan du Sud : « ils ont peur de se retrouver face à des soldats, des rebelles ou des personnes armées. C'est pourquoi, ils restent cachés dans la brousse. 

Par rapport au dernier rapport publié en 2012, la situation ne s'améliore pas : 40% des incidents ciblent des structures de santé, les patients sont visés et même tués. Apollo Kinyokie Barasa, infirmier du CICR rappelle la violence dont il a été témoin dans un hôpital de Malakal, au Soudan du Sud. « Des patients ont été abattus. Je me souviens d'un patient qui a été tué par une balle perdue alors qu'il se trouvait dans l'enceinte de l'hôpital.

Apollo explique comment cette violence l’a touché personnellement ainsi que d’autres personnels de santé à Malakal. « Nous ne pouvions pas rester ici parce que nos résidences ont été totalement saccagées. Nous n'avions même pas d'eau potable.

Les médecins, le personnel infirmier et soignant travaillant dans les zones de conflit ont peur de venir travailler, comme l’explique Alice Nielsen, une infirmière de salle travaillant à l'hôpital de Juba au Soudan du Sud :

Le personnel du CICR a toujours du mal à trouver un endroit sûr où travailler. Et quand nous avons commencé à travailler ici, l'équipe ne se sentait pas tout à fait en sécurité car il y avait des gens armés tout autour, à l'intérieur de la salle d’urgence, et dans la salle d'opération. Nous nous sommes donc concertés avec la direction de l'hôpital qui nous a apporté son concours. Nous avons donc mis en place une clôture tout autour de la salle d'urgence, il y a un garde, donc seuls les patients et leurs proches peuvent entrer, mais pas une foule de gens armés. Cela a beaucoup amélioré nos conditions de travail. 

Lors de certains incidents, le personnel de santé a été contraint d’enfreindre la déontologie médicale, par exemple en étant obligé d’interrompre le traitement pour des raisons politiques. Les incidents au cours desquels les structures de santé ont fait l’objet de bombardements, de tirs ou de pillage ont souvent entraîné des dégâts matériels considérables.

« Nous avons été menacés par des hommes armés qui voulaient à tout prix monter dans le véhicule et qu’on les emmène dans la direction voulue par eux », dit Laina Kakesa, coordonnatrice médicale adjointe du CICR à Bangui, en République centrafricaine. « Quand nous avons essayé de leur expliquer notre mission, ils étaient mécontents et ils nous ont menacés avec la machette et le fusil.  

La violence et les menaces à l’encontre du personnel médical, les attaques contre les structures de santé et les véhicules sanitaires constituent des violations du droit international humanitaire. Les blessés et les malades – qu’ils soient combattants ou civils - ont le droit de recevoir des soins médicaux à temps.

L’étude intégrale sur les « incidents violents touchant les soins de santé » peut être consultée sur le nouveau site www.healthcareindanger.org

Un atelier intitulé « Assurer la sécurité des structures de santé » se tiendra à Pretoria du 8 au 10 avril. Des experts de renom discuteront des mesures de protection des structures médicales en temps de conflit armé et autres situations d'urgence.

Faits et chiffres 

En 2012 et 2013, le CICR a enregistré 1809 incidents violents touchant les soins de santé dans 23 pays 

  • Personnels desanté
    • tués = 168
    • blessés = 267
    • menacés = 564
    • enlevés ou arrêtés = 212
  • Servicesd’ambulances
    • attaqués, dévalisés ou retardés = 351
  • Structuresmédicales
    • attaquées ou pillées = 410
  • Patients
    • tués ou blessés = 545



Liste des plans

Lieu de tournage : divers, dont République centrafricaine et Soudan du Sud
Durée : 8’42
Format : Mpg4SD et HD
Production : Christopher Nicholas
Caméra : Christopher Nicholas / Jón Björgvinsson
Son : anglais
Réf. CICR : AV168N  
Date : 4 avril 2014

Copyright : CICR – libre de droits 

00:00 Vues de l’hôpital détruit, endommagé par des obus et coups de feu. Reflet d’un     visage à travers un miroir brisé.

00 :11 Hôpital pillé et détruit. Table d'opération cassée. Mur criblé de balles.

00.22 Une infirmière du CICR, Katarina Oberg-Fitchel, se rendant à Bangui, montant dans le           Land Cruiser du CICR auprès d’Aubin Befio, patient blessé présentant une plaie   abdominale.

00:37 L’infirmière du CICR, Katarina Oberg-Fitche, humidifiant les lèvres du patient blessé qui présente une plaie abdominale, avec de l’eau tirée d’une bouteille et un morceau de tissu.

00:46 Deux Land Cruisers du CICR quittant l’hôpital de Mbaiki, République centrafricaine.

01:08  Dans le Land Cruiser se dirigeant de Mbaiki à Bangui en République centrafricaine, l’infirmière du CICR, Katarina Oberg-Fitche, réassure le patient blessé (en français) : « C’est un peu mieux depuis l'injection ? un peu, pas du tout ? OK, nous allons attendre un peu, puis nous verrons si je vous donne un peu plus ... mais nous allons aller doucement ... nous allons attendre pour voir si cela marche. »

01 :33 Gros plan sur le visage du patient blessé. 

01:47 Plan moyen patient blessé souffrant d’une plaie abdominale.

01 :57 Dans le Land Cruiser se dirigeant de Mbaiki vers Bangui, en République centrafricaine. Extrait sonore, l’infirmière du CICR, Katarina Oberg-Fitche :
Une de nos difficultés, c’est d’avoir accès aux blessés, d’avoir l'autorisation des parties belligérantes, des groupes armés pour faire accéder les blessés aux soins de santé et aussi pour les évacuer et les transporter, quel que soit le bord auquel ils appartiennent. »

02 :19 Dans le Land Cruiser se dirigeant de Mbaiki à Bangui, en République centrafricaine. Extrait sonore, l’infirmière du CICR, Katarina Oberg-Fitche :
Comme nous traitons les blessés de tous bords, cela risque toujours d’être perçu comme si nous aidions l'ennemi, et les parties au conflit ne respectent pas toujours le droit des soldats blessés d’être soignés. » 

02 :39 Dans le Land Cruiser se dirigeant de Mbaiki à Bangui, en République centrafricaine. L’infirmière du CICR, Katarina Oberg-Fitche surveille la blessure du patient blessé.

02 :55 Le Land Cruiser du CICR transportant le patient blessé, passant les barrières d’un point de contrôle.

03 :07 Le Land Cruiser du CICR arrive à l'hôpital de Bangui, en République centrafricaine, passant à côté des soldats de la Misca. 

03 :15 Plan moyen du panneau d’interdiction de port d’armes à l’intérieur de l'hôpital. Les véhicules du CICR se dirigent vers l'entrée principale de l'hôpital de Bangui.

03 :19 Transport du patient vers la salle d’opération de l’hôpital de Bangui.

03:33  Salle d’opération de l’hôpital de Bangui, chirurgien opérant le patient blessé présentant une plaie abdominale.

03 :58 Dawn Anderson, infirmière du CICR donnant à boire à Aubin Befio se remettant à l’hôpital de Bangui, République centrafricaine.

04 :14 Extrait sonore, Dawn Anderson, infirmière du CICR : « Nous avons été submergés ces derniers jours. Onze personnes ont été amenées à deux heures du matin hier dont cinq sont mortes à leur arrivée, les autres ont subi de multiples interventions chirurgicales, des laparoscopies, ou présentaient des blessures à la tête. Nous avons été submergés ces derniers jours et nous ne savons pas quand il y aura une accalmie. » 

04 :44  Gros plan de la tête d’Aubin Befio sous perfusion nasale, patient blessé présentant une plaie abdominale. 

04 :54 Patients sortant d'un bâtiment d'un hôpital à Juba au Soudan du Sud. 

05 :14 Des volontaires de la Croix-Rouge du Soudan du Sud portant un patient hors de la salle d'opération d'un hôpital à Juba au Soudan du Sud. 

05 :28 Salle d’un hôpital à Juba, Soudan du Sud. Alice Nielsen, infirmière de salle traite la blessure d’un patient qui a perdu sa jambe.

06 :00 Salle d’un hôpital à Juba, Soudan du Sud. Gros plan sur Alice Nielsen, infirmière de salle, en train de soigner la blessure d’un patient qui a perdu sa jambe. 

06 :04 Salle d’un hôpital à Juba, Soudan du Sud. Alice Nielsen, infirmière de salle appliquant une gaze de coton. 

06 :12 Salle d’un hôpital à Juba, Soudan du Sud. Extrait sonore, infirmière de salle, Alice Nielsen :
« C'est toujours difficile pour le personnel du CICR a toujours du mal à trouver un endroit sûr où travailler. Et quand nous avons commencé à travailler ici, l'équipe ne se sentait pas tout à fait en sécurité car il y avait des gens armés tout autour, à l'intérieur de la salle d'urgence, dans la salle d'opération. Nous nous sommes donc concertés avec la direction de l'hôpital qui nous a apporté son concours et nous avons donc mis en place une clôture autour de la salle d'urgence, et il y a un garde, donc seuls les patients et leurs proches peuvent entrer, mais pas une foule de gens armés. Cela a beaucoup amélioré nos conditions de travail. »

06 :45 Vue panoramique de tentes de patients du CICR construites à l’extérieur de l'entrée de la salle d’opération pour limiter le passage de personnes à l’intérieur et à l’extérieur de la salle d’opération.

06 :56 Gros plan sur les portes construites à l’extérieur de la salle d'opération et consolidées avec des fils de fer barbelés.

07 :04 Plan moyen sur les portes construites à l’extérieur de la salle d'opération et consolidées avec des fils de fer barbelés.

07 :11 À la délégation du CICR à Juba. Extrait sonore, Apollo Kinyokie Barasa, infirmier enseignant du CICR :
« C’était très tendu. C'était complexe. Des patients ont été abattus. Je me souviens d'un patient qui a été tué par une balle perdue alors qu'il se trouvait dans l'enceinte de l’hôpital. Et nous avons dû traiter ce patient, blessé à la tête. » 

07 :28 À la délégation du CICR à Juba. Extrait sonore, Apollo Kinyokie Barasa , infirmier enseignant du CICR qui a travaillé à Malakal, au Soudan du Sud :
« L’environnement de sécurité est devenu beaucoup plus fluide et nous ne pouvions plus rester. Le lendemain, lorsque nous sommes rentrés à la maison, nos résidences étaient totalement saccagées. Et vous savez, il n'y avait même pas de quoi vivre. Nous ne pouvions même pas avoir d’eau potable. Les conditions sont devenues très difficiles et nous avons été contraints d’évacuer les lieux. »

07 :53 À la délégation du CICR à Juba. Extrait sonore, Luisa Mancini, chirurgienne du CICR qui a travaillé au Soudan du Sud
« Il n'y a pas d'installations, il n'y a rien, il n'y a pas de route, il n’y a pas de voiture, et ils ont peur de se retrouver face à des soldats, des rebelles ou des personnes armées. C'est pourquoi ils restent cachés dans la brousse. » 

08 :15 Dans le Land Cruiser sur la route entre Mbaiki et Bangui, en République centrafricaine. Extrait sonore, coordonnatrice médicale adjointe, Liana Kakesa (en français): 
« Pendant les événements qui se sont déroulés en Centrafrique, sur la route de Bosambele, nous avons été menacés par des hommes armés qui voulaient à tout prix monter dans le véhicule et qu’on les emmène dans la direction voulue par eux. Quand nous avons essayé de leur expliquer notre mission, ils étaient mécontents et ils nous ont menacés avec la machette et le fusil.»

08 :42 FIN


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